Anxiété, peur, stress, burn-out… et si c’était juste la peur d’avoir peur ?
Quand le cerveau s’emballe sans raison apparente
Dans mon cabinet, les demandes liées à l’anxiété, au stress, aux peurs ou au burn-out sont extrêmement fréquentes.
Et quand on me demande « Mais au fond, c’est quoi l’anxiété ? », il y a une manière simple et parlante de l’expliquer :
C’est la peur… d’avoir peur d’un danger qui n’existe pas.
C’est la réaction d’alerte de notre cerveau… déclenchée par un danger qui n’existe pas, ou qui n’existe plus.
Le plus frustrant, c’est qu’on le sait souvent consciemment. On sait que la situation n’est pas vraiment dangereuse. Et pourtant, notre corps réagit comme si on se trouvait face à un lion. Pourquoi ? Parce que le cerveau émotionnel fonctionne avant le cerveau rationnel.
Les coulisses cérébrales de la peur et de l’anxiété
L’amygdale : la sentinelle
L’amygdale est une petite structure en forme d’amande, nichée dans le système limbique.
Son rôle : détecter toute menace potentielle et activer instantanément notre système d’alerte.
C’est elle qui déclenche les réactions physiques typiques : accélération du cœur, tension musculaire, respiration plus rapide… tout pour nous préparer à fuir ou à nous défendre.
L’hippocampe : la mémoire émotionnelle
L’hippocampe stocke et relie nos souvenirs aux émotions.
Il compare chaque situation actuelle avec des expériences passées et, si quelque chose ressemble à un souvenir associé à de la peur ou du danger, il envoie l’info à l’amygdale pour renforcer l’alerte… même si la situation n’est pas réellement dangereuse.
Le cortex préfrontal : le modérateur
Le cortex préfrontal est la partie rationnelle de notre cerveau. Il analyse la situation, relativise et peut calmer l’amygdale… mais il arrive souvent après coup.
Autrement dit, la peur s’est déjà installée dans le corps avant même que la logique ait eu le temps de s’exprimer.
Le grand oublié : le BNST, chef d’orchestre de l’anxiété prolongée
Le BNST (Bed Nucleus of the Stria Terminalis, ou noyau du lit de la strie terminale) est une petite structure méconnue, mais cruciale.
Si l’amygdale est la sonnette d’alarme immédiate, le BNST est le chef d’orchestre qui maintient l’alerte quand la menace est vague, incertaine ou durable.
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Il gère l’anxiété anticipatoire : cette sensation que “quelque chose” de mauvais va arriver, même si on ne sait pas quoi.
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Il maintient la vigilance sur le long terme, parfois pendant des heures ou des jours.
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Il influence les hormones du stress (cortisol), ce qui explique pourquoi on se sent vidé et épuisé après une longue période d’anxiété.
Les neurosciences montrent que chez les personnes souffrant d’anxiété généralisée ou de stress post-traumatique, le BNST est hyperactif. C’est ce qui provoque la sensation d’être « en état d’alerte permanent ».
Pourquoi on ne peut pas juste “éteindre” tout ça
Se battre contre la peur ne fait que l’amplifier.
C’est comme nourrir un gentil monstre protecteur : il croit nous aider en restant vigilant, mais plus on le combat ou plus on lui donne de l’attention, plus il prend de place.
Ce monstre est né d’une bonne intention : nous protéger. Mais il s’appuie sur un système qui, parfois, interprète mal les signaux.
Les signes fréquents de ce mécanisme
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Hypersensibilité émotionnelle ou sensorielle
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Besoin de tout contrôler
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Besoin fort d’amour et de reconnaissance
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Difficulté à dire non
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Tendance à faire passer les autres avant soi-même
Transformer ce “monstre protecteur” en allié
Ce système a aussi ses forces :
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Une grande faculté d’analyse et d’écoute
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Une imagination et une créativité riches
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Une capacité à comprendre les autres rapidement et en profondeur
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Une intuition fine grâce à une attention aux détails accrue
Le but n’est pas de supprimer la peur ou l’anxiété, mais de réapprendre à ce système à différencier un vrai danger d’une fausse alerte.
Comment l’hypnose et les TCC peuvent aider
L’hypnose et les approches comme la cohérence cardiaque ou la relaxation profonde agissent sur plusieurs niveaux :
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Apaiser l’amygdale et le BNST pour réduire la réactivité émotionnelle.
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Renforcer la communication avec le cortex préfrontal pour ramener plus vite la logique dans la réaction.
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Recadrer les souvenirs qui alimentent les réactions automatiques (via l’hypnose ou l’EMDR).
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Installer de nouveaux réflexes émotionnels, plus adaptés et plus apaisés.
En conclusion
L’anxiété n’est pas un ennemi : c’est un protecteur qui a perdu ses repères.
En comprenant le rôle de l’amygdale, de l’hippocampe, du cortex préfrontal et du BNST, on peut arrêter de subir ses signaux et apprendre à les transformer en ressources.
L’hypnose permet de rassurer ce système, de calmer la vigilance excessive, et de mettre cette sensibilité au service de la créativité, de l’écoute et de la compréhension des autres.

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