Illustration : une personne hypersensible calme à son bureau, protégée par une bulle au milieu du bruit, des notifications et des mails de l'open space

Hypersensible au travail : comment faire de sa sensibilité une alliée

L’open space qui bourdonne, les mails qui s’empilent, le téléphone qui sonne pendant qu’on termine un dossier, et cette remarque glissée en réunion qui tourne encore en boucle le soir au moment de s’endormir… Certaines personnes vivent tout cela beaucoup plus fort que les autres, et elles entendent souvent la même phrase depuis l’enfance : « Tu prends tout trop à cœur. »

Au cabinet, à Saint-Marcel-lès-Valence, je rencontre régulièrement ces personnes. Elles arrivent épuisées, parfois honteuses de « ne pas tenir » comme leurs collègues, persuadées que quelque chose cloche chez elles, et elles repartent souvent avec une idée toute nouvelle : leur sensibilité a un mode d’emploi, et on peut l’apprendre. Dans cet article, je vous propose de comprendre ce qui se passe, de repérer les signaux qui doivent vous alerter et de découvrir des pistes concrètes pour que votre sensibilité redevienne une force au travail.

L’hypersensibilité, de quoi parle-t-on exactement ?

Le terme vient des travaux de la psychologue américaine Elaine Aron, qui a décrit au milieu des années 1990 ce qu’elle appelle les personnes « hautement sensibles ». Selon ses recherches, elles représenteraient environ 15 à 20 % de la population, autant d’hommes que de femmes.

Il s’agit d’un trait de tempérament, au même titre que le fait d’être plutôt introverti ou plutôt extraverti. L’hypersensibilité ne figure dans aucune classification de maladies, il n’y a donc rien à « soigner ». Une personne hypersensible perçoit simplement plus de choses, et son cerveau traite ces informations plus en profondeur.

Les quatre grandes caractéristiques

Elaine Aron résume l’hypersensibilité en quatre points, que je retrouve très souvent chez les personnes que j’accompagne :

  • une réflexion en profondeur : vous avez besoin de peser le pour et le contre, vous repensez longtemps à une conversation, vous voyez des conséquences que d’autres n’ont pas vues ;
  • une saturation plus rapide : trop de bruit, trop de monde ou trop de sollicitations vous épuisent plus vite que votre entourage ;
  • des émotions intenses et beaucoup d’empathie : vous ressentez fortement ce que vous vivez, et aussi ce que vivent les personnes autour de vous ;
  • une grande attention aux détails : un changement de ton, une odeur, un regard ou une petite erreur dans un document ne vous échappent pas.

Et vous, êtes-vous concerné ?

Voici quelques questions pour vous faire une première idée. Elles ne remplacent pas un avis professionnel, mais si vous répondez « oui » à la plupart d’entre elles, il y a de bonnes chances que cet article vous parle :

  • Avez-vous besoin de vous isoler après une journée chargée pour retrouver votre calme ?
  • Le bruit, la lumière forte ou les odeurs vous gênent-ils plus que votre entourage ?
  • Une remarque, même anodine, peut-elle vous trotter dans la tête pendant des heures ?
  • Sentez-vous tout de suite l’ambiance d’une pièce ou l’humeur d’un collègue ?
  • Êtes-vous très touché par la musique, l’art ou la nature ?
  • Avez-vous du mal à bien travailler quand quelqu’un vous observe ou vous presse ?
  • Vous dit-on souvent que vous êtes « trop sensible » ou « trop émotif » ?
  • Avez-vous du mal à dire non, de peur de décevoir ?

Ce qui fatigue au travail

Le monde du travail est rarement pensé pour les personnes hypersensibles. Les open spaces, les notifications permanentes, les réunions qui s’enchaînent et les changements de dernière minute sollicitent sans arrêt un système nerveux qui, chez elles, enregistre déjà tout avec une grande intensité.

Au quotidien, cela peut ressembler à ceci :

  • une grande fatigue en fin de journée, alors qu’on n’a « rien fait de spécial » ;
  • du mal à se concentrer quand les interruptions se multiplient ;
  • une critique, même légère, qui reste en tête pendant des heures et que l’on se repasse le soir ;
  • une forte sensibilité aux injustices et aux tensions dans l’équipe, même quand on n’est pas directement concerné ;
  • de la difficulté à dire non, et une tendance à prendre sur soi la charge des autres ;
  • un perfectionnisme qui coûte cher en énergie ;
  • un besoin de temps pour s’adapter aux changements, qui peut passer à tort pour de la mauvaise volonté.

Une sensibilité qui est aussi une vraie force

Cette même sensibilité offre de vraies qualités, que les entreprises recherchent souvent sans savoir les nommer. Les personnes hypersensibles sont souvent celles qui :

  • repèrent l’erreur que personne n’avait vue, grâce à leur attention aux détails ;
  • savent mettre un client ou un collègue à l’aise, grâce à leur empathie ;
  • sentent qu’une situation va se tendre avant les autres, et peuvent désamorcer un conflit ;
  • proposent des idées originales, parce qu’elles prennent le temps de réfléchir en profondeur ;
  • font preuve d’une conscience professionnelle remarquable et d’un grand sens des responsabilités.

Les chercheurs qui ont prolongé les travaux d’Elaine Aron ont d’ailleurs observé quelque chose de très encourageant : les personnes très sensibles réagissent davantage à un environnement difficile, mais elles profitent aussi davantage d’un environnement favorable. Quand elles sont bien entourées et bien installées, elles s’épanouissent souvent plus que les autres. La difficulté apparaît surtout quand la sensibilité déborde, faute de pauses et de protection.

Comprendre pourquoi on s’épuise

J’aime bien prendre l’image d’un vase. Chaque bruit, chaque mail urgent, chaque émotion, la vôtre comme celle d’un collègue, y ajoute quelques gouttes. Chez une personne hypersensible, le vase se remplit plus vite, parce que tout est perçu et traité plus en profondeur, et s’il n’est jamais vidé, il finit par déborder, parfois pour une goutte qui semble insignifiante aux yeux des autres.

Le corps, lui, réagit comme s’il était sans cesse sur le qui-vive. Ces réactions sont des automatismes, installés au fil des années, et c’est plutôt une bonne nouvelle, puisque ce qui s’est appris peut aussi se modifier. Tout l’enjeu est donc d’apprendre à vider le vase régulièrement, et à le remplir moins vite.

Quand ça déborde : les signaux à ne pas ignorer

Le corps prévient souvent avant la tête. Voici les signaux qui doivent vous alerter :

  • le sommeil se dérègle, avec des difficultés à s’endormir ou des réveils en pleine nuit, la tête pleine ;
  • des tensions s’installent dans la nuque, les épaules, la mâchoire ou le ventre ;
  • l’irritabilité monte, et l’envie de s’isoler aussi ;
  • les larmes viennent plus facilement, ou au contraire on se sent vidé, sans émotion ;
  • le dimanche soir devient difficile à vivre à l’idée de retourner au travail.

Si ces signaux s’installent, il est important de les écouter et d’en parler à votre médecin, surtout quand l’épuisement est là. L’hypersensibilité et le burn-out sont deux choses différentes, mais la première peut mener au second quand on dépasse ses limites trop longtemps.

Sept pistes concrètes pour protéger votre énergie au travail

1. Repérer vos propres signaux

Une mâchoire serrée, une respiration courte, une envie soudaine de fuir une réunion ou de relire trois fois le même mail : ces petites alertes arrivent bien avant la saturation. Prenez l’habitude, deux ou trois fois par jour, de vous demander simplement « Où en est mon vase ? ». Les reconnaître tôt vous permet d’agir avant le débordement.

2. Vous accorder des micro-pauses

Cinq minutes dehors, quelques pas dans le couloir, un déjeuner loin de l’écran ou un verre d’eau bu tranquillement permettent au système nerveux de redescendre, et ces pauses valent bien plus que le temps qu’elles prennent. L’idéal est de les prévoir dans votre journée, plutôt que d’attendre d’en avoir besoin.

3. Respirer pour calmer le corps

Voici un exercice que je propose souvent : inspirez par le nez en comptant jusqu’à quatre, puis expirez doucement par la bouche en comptant jusqu’à six, et recommencez cinq ou six fois. Quand l’expiration est plus longue que l’inspiration, le corps comprend qu’il peut ralentir. Une minute suffit, et vous pouvez le faire discrètement à votre bureau, avant un appel ou en sortant d’une réunion.

4. Poser vos limites

Dire non s’apprend, pas à pas, et commence souvent par de petites phrases toutes simples, comme « Je regarde ça demain matin », « Je ne peux pas aujourd’hui, mais je peux jeudi » ou « Laissez-moi y réfléchir, je reviens vers vous ». Bloquer une plage sans réunion dans votre agenda, couper les notifications pendant une heure ou fermer votre messagerie quand vous avez besoin de vous concentrer font aussi partie de ces limites.

5. Préparer les situations qui coûtent

Pour un entretien, une prise de parole, un rendez-vous avec votre responsable ou une réunion tendue, prenez quelques minutes la veille pour vivre la situation mentalement, en vous voyant calme, posé, en train de trouver vos mots. Ce petit entraînement, que les sportifs utilisent depuis longtemps, change souvent beaucoup de choses le jour venu.

6. Aménager votre environnement

Un casque antibruit, un poste moins exposé au passage, une lumière plus douce, des horaires décalés quand c’est possible ou une journée de télétravail pour les tâches qui demandent de la concentration sont de petits ajustements qui ont souvent de grands effets. N’hésitez pas à en parler à votre employeur ou au médecin du travail, car beaucoup d’entreprises acceptent ces aménagements quand on les demande simplement.

7. Vider votre tête le soir

Quand le corps est fatigué mais que la tête continue de tourner, prenez une feuille, ou faites comme moi un mémo vocal sur votre téléphone, et déposez-y tout ce qui vous trotte dans la tête, les choses à faire, les soucis, les idées, sans chercher de solution. Une fois que c’est noté, votre tête n’a plus besoin de le garder pour vous, et le sommeil vient plus facilement.

Si vous managez une personne hypersensible

Quelques attentions toutes simples font une grande différence :

  • des retours précis et bienveillants plutôt que des critiques vagues, et si possible en tête-à-tête plutôt que devant toute l’équipe ;
  • des changements annoncés à l’avance, avec un peu de contexte ;
  • un peu de temps de réflexion avant de demander une réponse importante ;
  • un endroit calme où s’isoler quand c’est nécessaire ;
  • de la reconnaissance pour le travail bien fait, qui compte énormément pour ces personnes.

Bien accompagnée, une personne hypersensible donne souvent le meilleur d’elle-même, et elle devient fréquemment un pilier pour toute l’équipe.

Ce que l’hypnose et les thérapies brèves peuvent vous apporter

En thérapies brèves, nous travaillons sur un objectif, en tenant compte de votre personnalité, de vos valeurs, de votre mode de vie et de votre façon de fonctionner. Avec une personne hypersensible, l’objectif est de l’aider à mieux vivre sa sensibilité, à mieux la protéger et à s’en servir comme d’une force.

En séance, nous travaillons sur ce qui déclenche la submersion : une situation précise au travail, un souvenir qui revient, une croyance du type « je dois tout porter » ou « je n’ai pas le droit de décevoir ». L’hypnose aide à retrouver le calme plus vite, à prendre du recul face aux émotions et à changer la façon dont on réagit. Selon vos besoins, j’utilise aussi d’autres outils comme la PNL ou l’EMDR, qui forment avec l’hypnose une grande caisse à outils au service de votre objectif.

Je transmets aussi l’autohypnose aux personnes que j’accompagne, pour qu’elles disposent d’un outil à utiliser seules, au bureau comme à la maison, car mon but est de vous rendre autonome le plus rapidement possible. Et rassurez-vous, pas besoin de savoir « lâcher prise » pour que ça fonctionne. Vous connaissez déjà cet état, quand vous êtes absorbé par un film ou par un livre, ou quand vous faites un trajet familier sans vraiment y penser. En séance, vous restez actif, vous gardez le contrôle, et nous avançons à votre rythme.

Les séances ont lieu au cabinet, entre Valence et Romans, ou à distance en visio si vous le préférez.

Questions fréquentes

L’hypersensibilité est-elle une maladie ?

C’est un trait de tempérament, partagé par environ une personne sur cinq, et il ne figure dans aucune classification de maladies. Il n’y a donc rien à soigner, mais beaucoup à apprendre pour bien vivre avec.

Peut-on cesser d’être hypersensible ?

Votre sensibilité fait partie de vous, et le but est plutôt d’apprendre à la vivre sereinement : mieux repérer vos limites, récupérer plus vite et réagir autrement aux situations qui vous coûtent. Beaucoup de personnes me disent ensuite qu’elles ne voudraient plus s’en passer.

Faut-il un diagnostic pour consulter ?

Il suffit que vous vous reconnaissiez dans cette description et que vous ayez envie que les choses changent. Nous partons de ce que vous vivez, et de ce que vous voulez obtenir.

Combien de séances faut-il ?

Cela dépend de chacun et de votre objectif. Souvent, quelques séances suffisent pour retrouver des repères et des outils durables, et parfois une seule séance permet déjà de faire un grand pas.

En conclusion

Votre sensibilité vous donne des informations précieuses, sur vous, sur les autres et sur ce qui se joue autour de vous. Elle demande simplement d’être écoutée et protégée, et quand on apprend à le faire, elle devient une véritable alliée, au travail comme dans la vie.

Si vous vous reconnaissez dans cet article et que vous souhaitez être accompagné, vous pouvez prendre rendez-vous au cabinet, à Saint-Marcel-lès-Valence, ou en visio.

Frédéric Garcia, praticien en hypnose à Saint-Marcel-lès-Valence

Frédéric Garcia

Praticien en hypnose et EMDR à Saint-Marcel-lès-Valence, dans la Drôme. J’accompagne l’arrêt du tabac, la perte de poids, le stress et l’anxiété. J’ai moi-même perdu 56 kilos.

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Frédéric Garcia | Hypnothérapeute à Valence - Saint-Marcel-lès-Valence (26)

Cabinet Hypnose Valence – 15 Rue Fanny, 26320 Saint-Marcel-lès-Valence. Praticien en Hypnose Ericksonienne, EMDR, PNL et TCC.

J'accompagne à Valence, Romans : stress, anxiété, sommeil, confiance en soi, arrêt du tabac, gestion des émotions.

Cabinet et visio | RDV : 07 55 61 51 00 | hypnosevalence.com

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