Par un bel après-midi de printemps, dans un parc, un petit garçon joue. Il se balance, glisse sur le toboggan, escalade des monticules de bois comme un chevalier. Et il tombe. Rien de grave, un bleu parmi d’autres. Mais il pleure. Sa nounou s’approche, le rassure, et lui donne un bonbon.
Il ne se passe rien d’extraordinaire. Et pourtant, quelque chose vient de s’écrire : quand ça fait mal, il existe une chose sucrée qui console.
Vingt ans plus tard
Le petit garçon a grandi. Il a vingt-cinq ans et déjeune chez ses parents un dimanche. Le plat a mijoté toute la matinée, tout le monde se régale. Rassasié, il pose ses couverts et repousse son assiette. Sa mère le regarde de travers :
— Mais enfin, tu ne finis pas ton assiette ?
— Merci, mais je n’ai plus faim.
— Ça ne se fait pas ! Tu ne vas pas gaspiller, tout de même ?
— Maman, depuis que je suis petit tu me dis de terminer. Pourquoi ?
— Parce que c’est ce que ta grand-mère m’a toujours dit de faire.
Curieux, il va poser la question à sa grand-mère, devant un chocolat chaud et des madeleines. Sa réponse tient en une phrase : « Quand j’étais petite, c’était la guerre. La nourriture était rare. On ne gâche pas. »
Une règle de guerre appliquée au supermarché
Voilà comment une consigne de survie, parfaitement justifiée en 1943, traverse trois générations et finit par s’appliquer à une assiette de lasagnes en 2026, dans un pays où les rayons débordent.
Personne n’a mal fait. La grand-mère avait raison à son époque. La mère transmettait ce qu’elle avait reçu. Et l’enfant a appris à finir son assiette même sans faim, ce qui revient à débrancher le seul détecteur de satiété dont il disposait. On appelle souvent ça un défaut ; je préfère parler d’héritage.
Réconfort, récompense, amour : tout sauf de l’énergie
Ajoutez au « finis ton assiette » le bonbon du parc, le gâteau de la bonne note, le restaurant de l’anniversaire, le « privé de dessert » des jours de bêtise. Vous obtenez un adulte pour qui la nourriture signifie beaucoup de choses : du réconfort, de la sécurité, de l’amour, une récompense. Tout, sauf ce qu’elle est censée être : de l’énergie.
Notre société en rajoute une couche : des heures de repas fixées par l’école puis par le travail, qui nous apprennent à écouter l’horloge plutôt que notre corps. J’en parle dans Trois repas par jour. Vraiment ?
Ces associations ne sont pas des faiblesses de caractère. Ce sont des apprentissages, au sens strict du mot. Et la bonne nouvelle tient en une phrase : ce qui a été appris peut s’apprendre autrement.
Désapprendre, en douceur
Comprendre d’où vient un automatisme ne suffit pas toujours à le changer. On peut savoir parfaitement qu’on n’a plus faim, et finir quand même son assiette. C’est là que l’hypnose est utile : elle aide à installer un nouveau réflexe, au même endroit que l’ancien, sans lutte et sans culpabilité. Au cabinet, on part toujours de votre histoire à vous, pas d’un programme tout fait.
Et si vous reconnaissez dans ces lignes le « bonbon qui console », l’article Se libérer du poids émotionnel prolonge cette réflexion.
Une chose à essayer
Cherchez votre phrase. Quelle phrase sur la nourriture avez-vous entendue cent fois pendant votre enfance ? Qui la disait ? Et surtout : pourquoi cette personne-là avait-elle une bonne raison d’y croire, à son époque ?
Puis, au prochain repas, quand vous serez rassasié, laissez délibérément une bouchée dans l’assiette. Juste une. Observez ce qui se passe en vous : une gêne, une petite voix, un souvenir ? C’est l’héritage qui parle. Vous avez le droit de le remercier, et de faire autrement.
Pour savoir à quel moment vous êtes vraiment rassasié, servez-vous de l’échelle de la faim. Et si la faim déborde certains jours, l’image de la chaise à quatre pieds, que je développe dans mon livre Vous n’avez jamais manqué de volonté, vous aidera à trouver pourquoi.
Mon journal de victoire du poids, à télécharger gratuitement
L’histoire du « Finis ton assiette », la chaise à quatre pieds, l’échelle de la faim : tout est dans mon journal gratuit, sur la page perte de poids de mon site. Et si vous voulez être accompagné, je vous reçois au cabinet, à Saint-Marcel-lès-Valence, près de Valence et de Romans-sur-Isère.
Pour aller plus loin
J’ai perdu 56 kilos. Ce que j’ai compris en chemin, je l’ai mis dans un livre : Vous n’avez jamais manqué de volonté. Il explique pourquoi les régimes échouent et ce qui se joue vraiment dans la tête quand on mange.
Frédéric Garcia
Praticien en hypnose et EMDR à Saint-Marcel-lès-Valence, dans la Drôme. J’accompagne l’arrêt du tabac, la perte de poids, le stress et l’anxiété. J’ai moi-même perdu 56 kilos.

