Un ordinateur portable relié par des pointillés dorés à un cerveau formé de feuilles et de fleurs, illustrant le lien entre informatique et fonctionnement du cerveau

Hypnose et informatique : le cerveau est-il un ordinateur ?

On me demande souvent ce qui m’a amené à l’hypnose. La réponse surprend, parce qu’elle commence
devant un écran, un tournevis à la main. Avant d’ouvrir mon cabinet, j’ai passé des années à réparer
des ordinateurs. Et quand j’ai commencé à me former à l’hypnose, j’ai eu une impression étrange :
j’avais déjà entendu tout ça. Les mots changeaient, la logique non.

Cet article raconte ce que ces deux métiers ont en commun. Et aussi, parce que c’est important,
là où la comparaison s’arrête.

D’une machine à l’autre

À 17 ans, je me suis engagé dans la Marine nationale. J’y ai appris la vie en groupe, le
dépassement de soi et le travail sans compter les heures. J’ai vu beaucoup de pays, beaucoup de
cultures, et j’ai surtout constaté à quel point nous nous ressemblons tous. C’est d’ailleurs à cette
époque que j’ai fait ma première séance d’hypnose, comme client. J’ai aussi été accompagné en EMDR. Je sais donc ce que l’on ressent quand on est assis de l’autre côté, et ça change la façon dont on reçoit les gens.

Après l’uniforme, j’ai monté une petite entreprise de maintenance informatique dans la Drôme.
Pendant des années, mon travail a consisté à écouter quelqu’un me décrire un problème, à chercher
d’où il venait vraiment, et à le régler. Cette entreprise s’est terminée dans un état proche du
burn-out. Avec le recul, c’est ce qui m’a poussé à changer de vie.

Je suis retourné à l’école : hypnose, psychologie, PNL, aromathérapie. J’ai ouvert le cabinet.
Et je me suis rendu compte que je faisais, au fond, le même métier qu’avant. J’écoute quelqu’un me
décrire un problème, je cherche d’où il vient vraiment, et on le règle ensemble.

Le matériel et les programmes

La première chose qu’on apprend en dépannage, c’est de distinguer une panne matérielle d’un
problème logiciel. Un disque dur qui lâche et un programme mal configuré donnent parfois les mêmes
symptômes : la machine rame, elle plante, elle ne répond plus. Le traitement, lui, n’a rien à voir.

En cabinet, la première question est la même. Une fatigue permanente, des insomnies, une angoisse
qui ne lâche pas peuvent venir d’un problème organique : une thyroïde qui se dérègle, une carence, un
traitement en cours, une apnée du sommeil. C’est pour ça que je demande toujours si un médecin a été
consulté, et que je renvoie vers lui au moindre doute. L’hypnose ne remplace jamais un diagnostic
médical. Elle travaille sur ce qui relève du fonctionnement, pas sur ce qui relève du matériel.

Les programmes qui tournent en arrière-plan

Ouvrez le gestionnaire des tâches d’un ordinateur : des dizaines de processus tournent en
permanence, sans que personne les ait lancés consciemment. Certains sont indispensables. D’autres se
sont installés il y a longtemps, avec un logiciel dont on ne se sert plus, et continuent de consommer
des ressources pour rien.

Le cerveau fait la même chose, et c’est une bonne nouvelle. Quand un comportement est répété, il
migre progressivement vers des circuits profonds, du côté des noyaux gris centraux. Il devient
automatique. C’est ce qui vous permet de conduire en pensant à autre chose, ou de lacer vos chaussures
sans y réfléchir. Le cerveau économise énormément d’énergie de cette façon.

Le problème apparaît quand un automatisme utile à une époque continue de tourner alors qu’il ne
sert plus. La cigarette qui accompagnait les pauses d’un travail qu’on a quitté depuis dix ans. Le
frigo qu’on ouvre à 22 heures sans avoir faim. La boule au ventre à chaque fois que le téléphone
sonne. Le programme s’exécute tout seul, exactement comme avant, dans un contexte qui a changé.

C’est ce que les gens décrivent quand ils me disent « je sais que c’est absurde, mais je le fais
quand même ». Ils ont raison sur les deux points. Ils le savent, et ça ne suffit pas, parce que le
savoir et l’automatisme ne sont pas gérés par les mêmes circuits. J’ai développé ce point dans
Hypnose, cerveau et circuits décision–action.

La mémoire vive a une limite

Un ordinateur qui manque de mémoire vive ralentit, puis se bloque. Pas parce qu’il est en panne,
mais parce qu’on lui demande de tenir trop de choses ouvertes en même temps.

Nous avons le même goulot d’étranglement. Les chercheurs l’appellent la mémoire de travail :
l’espace mental où l’on maintient ce à quoi on pense en cet instant. Il est étroit, de l’ordre de
quelques éléments seulement. Il dépend du cortex préfrontal, la zone qui gère aussi ce qu’on nomme les
fonctions exécutives : décider, planifier, résister à une impulsion, changer de stratégie en cours de
route.

Cette ressource se fatigue. En fin de journée, après des centaines de micro-décisions, elle est
basse. C’est précisément le moment où l’on cède à ce qu’on avait décidé d’éviter le matin. Les gens
en concluent qu’ils manquent de volonté. En réalité, ils ont demandé à la partie la plus coûteuse de
leur cerveau de faire un travail que seul un automatisme peut tenir sur la durée.

C’est exactement pour ça qu’une décision prise un soir de réveillon ne tient pas trois semaines.
Et c’est pour ça, aussi, qu’un accompagnement vise à installer un fonctionnement qui ne demande plus
d’effort, plutôt qu’à renforcer l’effort lui-même.

Le mode veille n’est pas l’arrêt

Une machine en veille continue de travailler. Elle indexe, elle met à jour, elle range. Le cerveau
au repos fait la même chose, et c’est l’une des découvertes les plus intéressantes de ces vingt
dernières années.

Quand on ne se concentre sur rien de précis, un ensemble de régions s’active, qu’on appelle le
réseau du mode par défaut. C’est lui qui fabrique le bavardage intérieur : les ruminations, les
scénarios, les conversations qu’on rejoue, celles qu’on anticipe. Utile pour se projeter et donner du
sens à ce qu’on vit. Épuisant quand il tourne en boucle sans jamais s’arrêter.

Les personnes qui viennent me voir pour de l’anxiété décrivent souvent cet état : une machine qui
tourne à vide, la nuit surtout, et qu’on n’arrive pas à éteindre. J’en parle plus longuement dans
Comprendre et apprivoiser l’anxiété avec l’hypnose.

Ce que l’hypnose vient faire là-dedans

C’est là que la comparaison devient vraiment parlante. Les travaux d’imagerie menés notamment par
l’équipe de David Spiegel, à Stanford, montrent que l’état hypnotique correspond à une configuration
particulière du cerveau. Trois choses s’y produisent en même temps : une baisse d’activité dans une
région liée à la vigilance et au contrôle de l’erreur, un renforcement du lien entre le cortex
préfrontal et les zones qui traitent les signaux du corps, et un relâchement de la connexion entre le
cortex préfrontal et ce fameux réseau du mode par défaut.

Traduit en langage de dépanneur : pendant une séance, le bavardage de fond diminue, la vigilance
critique baisse d’un cran, et l’accès aux automatismes devient plus direct. On n’ouvre pas la machine
au hasard. On travaille pendant qu’elle est dans un état où les modifications prennent.

J’ai consacré un article entier à ce réseau et à ce que l’induction lui fait :
L’induction hypnotique change le fonctionnement habituel du mode par défaut.
Et pour une vue d’ensemble des grands réseaux cérébraux, celui-ci est plus complet :
Comprendre l’architecture du changement.

Une précision qui compte : personne ne reprogramme personne. En séance, la personne reste aux
commandes, elle entend tout, elle peut refuser une proposition et le fait parfois. Mon travail
ressemble moins à celui d’un technicien qui impose une configuration qu’à celui d’un collègue qui
s’assoit à côté et propose une autre façon de faire. C’est la personne qui accepte ou non, et c’est
elle qui répète ensuite, parce que sans répétition rien ne s’installe durablement.

Là où la comparaison s’arrête

Je tiens à le dire clairement, parce que l’analogie est séduisante et qu’elle peut induire en
erreur.

Le cerveau n’est pas un ordinateur. Il n’y a pas de séparation nette entre le matériel et le
logiciel : chaque fois que vous apprenez quelque chose, la structure physique se modifie. Il n’y a pas
de mémoire fiable non plus. Un ordinateur relit un fichier à l’identique ; un souvenir, lui, se
reconstruit à chaque évocation, et se transforme un peu au passage. C’est une faiblesse pour une machine, et c’est
précisément ce qui rend le travail thérapeutique possible : c’est sur ce mécanisme que repose l’EMDR,
que je pratique aussi au cabinet. J’en parle dans
Réécrire son histoire.

Il n’y a pas de programmeur non plus. Personne n’a écrit votre fonctionnement : il s’est construit
tout seul, à partir de votre histoire, de vos expériences et de vos répétitions. Et surtout, un
ordinateur ne ressent rien. Les émotions ne sont pas des parasites dans le système, ce sont des
informations essentielles, et elles sont souvent le cœur du travail.

L’analogie informatique est un outil pour comprendre, rien de plus. Elle aide à saisir pourquoi
savoir ne suffit pas, pourquoi la volonté s’épuise, pourquoi un automatisme installé depuis vingt ans
ne disparaît pas parce qu’on l’a décidé un lundi matin. Elle s’arrête là où commence ce qui fait de
vous quelqu’un et pas une machine.

Pourquoi je raconte ça

Parce que beaucoup de gens arrivent au cabinet persuadés d’être cassés. Ils ont essayé, ils ont
échoué, ils en ont conclu qu’il y avait un défaut chez eux.

La plupart du temps, il n’y a aucun défaut. Il y a un fonctionnement qui s’est installé pour de
bonnes raisons, qui a rendu service à un moment, et qui continue de tourner alors que la situation a
changé. Ça se travaille. Pas en une soirée, pas par la seule force de la volonté, mais ça se
travaille.

C’est la chose la plus utile que mes années devant des machines m’aient apprise : un
dysfonctionnement a toujours une logique. Il suffit de la trouver.

Frédéric Garcia, praticien en hypnose à Saint-Marcel-lès-Valence

Frédéric Garcia

Praticien en hypnose et EMDR à Saint-Marcel-lès-Valence, dans la Drôme. J’accompagne l’arrêt du tabac, la perte de poids, le stress et l’anxiété. J’ai moi-même perdu 56 kilos.

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Frédéric Garcia | Hypnothérapeute à Valence - Saint-Marcel-lès-Valence (26)

Cabinet Hypnose Valence – 15 Rue Fanny, 26320 Saint-Marcel-lès-Valence. Praticien en Hypnose Ericksonienne, EMDR, PNL et TCC.

J'accompagne à Valence, Romans : stress, anxiété, sommeil, confiance en soi, arrêt du tabac, gestion des émotions.

Cabinet et visio | RDV : 07 55 61 51 00 | hypnosevalence.com

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